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/Pain · publié 11 juin 2026

Boule de campagne au levain en banneton

Une boule T65 et seigle au levain, poussée en banneton. Pas de levure. Du pain, du vrai.

↳ Pour qui : Tu veux du pain qui se conserve bien, qui a du goût et qui apporte un minimum de bénéfices d'un point de vue nutrionnel.
40 minpréparation 55 mincuisson 5h30 (autolyse + pointage + apprêt)repos / pousse Intermédiairedifficulté 2 boules de 900 gquantité
testée 12 juin 2026
Intermédiaire
niveau
02Résultat attendu

Un pain gourmand, une mie assez dense et généreuse. Un goût prononcé qui s'accordera parfaitement avec de (vrais) fromages comme un époisses ou du maroille (mmmhhh).

Catégorie

Pain

Difficulté

Intermédiaire

Préparation

40 min

Cuisson

55 min

Repos / pousse

5h30 (autolyse + pointage + apprêt)

Quantité

2 boules de 900 g

03Matériel à prévoir

Ce qu'il te faut (et les alternatives).

Pas besoin de tout avoir. Pour chaque outil, je donne une solution maison quand c'est possible.

  • 01

    Banneton rond (2)

    Voir l'article
    ↳ Pas ça ?

    Un saladier tapissé d'un torchon de lin bien fariné. Pas parfait pour la marque circulaire mais ça tient.

  • 02

    Robot pétrin

    Voir l'article
    ↳ Pas ça ?

    À la main : double-hydratation et rabats en bowl pendant 2h. Plus long, pas pire.

  • 03

    Lame de boulanger

    Voir l'article
    ↳ Pas ça ?

    Une lame de rasoir neuve montée sur un bâton de brochette. Coupe nette garantie.

  • ↳ Pas ça ?

    Une spatule souple ou une carte de fidélité que tu n'utilises jamais.

  • 05

    Lèche-frite pour la buée

    ↳ Pas ça ?

    Un moule métal posé sur la sole où tu balances de l'eau au moment d'enfourner.

  • 06

    Couche de lin

    Voir l'article

Contexte

La boule de campagne, c’est le pain qui ressemble à ce que tu imagines quand on dit “pain au levain”. Une boule ronde, joliement scarifiée, à la croûte brune épaisse, avec une mie légèrement alvéolée.

Ici on travaille un mélange de farine T65 (idéalement label rouge tradition) et farine de seigle T170 (si possible bio), avec du levain à la place de la levure. Le seigle apporte le parfum un peu rustique et accélère la fermentation. Le levain apporte le goût et la conservation.

Je l’ai ratée au moins dix fois avant de tomber juste. Et il m’arrive encore de la râter. Le levain, c’est quelque chose… Plusieurs ratés sur la température de pâte (trop chaude, fermentation qui galope), d’autres sur l’apprêt (pâton qui s’étale comme une crêpe au démoulage), un sur la cuisson (pas assez de buée, croûte mate et rigide) et évidemment à cause de la qualité de mon levain. Tout ça pour dire : c’est une recette qui pardonne peu, mais qui en vaut la peine.


Ingrédients

Pour 2 boules de 900 g (oui c’est costaud, ça se congèle bien. On peut aussi faire 4 pains de 450g) :

  • Farine de blé T65 bio : 630 g
  • Farine de seigle T170 : 270 g
  • Eau froide (du frigo, ~3°C) : 600 g
  • Levain liquide actif : 360 g
  • Sel fin : 20 g

La règle des pros : la température de base.

T° farine + T° pièce + T° eau = 66°C. Si ta cuisine est à 22°C et ta farine à 21°C, il te faut une eau à 23°C (66 - TF + TP) = TE.

Et la version simple à la maison : utiliser de l’eau de source sortie du frigo à 3°C compense la sur-chauffe des robots “domestiques”. Il faut viser 24°C en fin de pétrissage, point.

Le levain doit être actif : cela veut dire qu’il doit avoir doublé après son rafraîchi, il flotte dans l’eau, il sent “acidulé” pas “vinaigré”. Si tu hésites sur l’état de ton levain, va voir /articles/levain-pret-ou-pas avant de te lancer.


Étapes détaillées

1. Frasage — 3 min

Dans la cuve du robot : l’eau froide, les deux farines. Tu mélanges en vitesse 1 jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de farine sèche. Trois minutes suffisent. La pâte est moche, grumeleuse, sans aucune tenue. C’est normal. Tu n’ajoutes ni le sel ni le levain à ce stade.

2. Autolyse — 60 min

Tu couvres la cuve (film, charlotte, assiette retournée, peu importe) et tu laisses au calme, à l’abri des courants d’air. Pendant cette heure, l’eau pénètre la farine, le gluten commence à s’organiser tout seul. Tu gagnes en extensibilité sans rien faire. C’est de la magie passive.

⚠️ Ne saute pas l’autolyse en te disant “c’est juste un repos”. Sans elle, tu vas devoir pétrir deux fois plus longtemps et ta pâte va trop chauffer.

3. Pétrissage — 15 min

Tu ajoutes le levain d’un côté, le sel de l’autre. Ne les mets pas en contact direct : le sel agresse les bactéries du levain au démarrage. Tu pétris en vitesse 1 pendant 15 minutes.

À la fin, la pâte est lisse, brillante, très collante mais elle se décolle des parois en bloc. Si tu colles un thermomètre dedans, tu dois lire entre 23 et 25°C. Au-dessus, ta fermentation va déraper. Au-dessous, elle va traîner.

Tu transvases dans un bac large à l’aide d’une corne. Tu couvres.

4. Pointage avec deux rabats — 3h

Trois fois 45-90 min, deux rabats entre les deux :

  • 45 min de repos.
  • Rabat 1 : mains humides, tu décolles la pâte du bac, tu la plies en trois comme une lettre (un bord rabattu, l’autre par-dessus). Tu remets dans le bac, soudure dessous.
  • 45 min de repos.
  • Rabat 2 : même geste. Là tu sens déjà que la pâte a de la tenue, elle se laisse manipuler.
  • 90 min de repos final.

Si tu trouves ça pénible de rabattre dans le bac, sors la pâte sur le plan fariné. Ça marche tout aussi bien.

5. Division et préformage — 10 min de détente

Tu renverses la pâte sur le plan légèrement fleuré. Tu divises en 2 pâtons de 900 g. Pèse, vraiment. Et surtout : ne laisse pas un bout de pâte orphelin sur le côté. Si tu coupes un morceau, tu le redistribues équitablement sur les deux pâtons en début de préformage, pas à la fin (sinon il ne soudera pas).

Tu préformes en boules lâches, sans serrer. Tu laisses détendre 10 minutes, soudure dessous, sous un torchon.

6. Façonnage en boule — 5 min

Tu fleures généreusement les bannetons au tamis. Si tu sautes cette étape, tu vas pleurer au démoulage.

Tu retournes ton pâton soudure en l’air. Tu dégazes très doucement (juste tasser, pas écraser). Tu rabats les quatre coins vers le centre, tu pinces. Tu retournes, soudure dessous. Avec les deux paumes, tu fais tourner la boule sur elle-même pour la serrer et lisser la surface. Elle doit être tendue, ferme au toucher, sans bulle apparente.

Tu poses dans le banneton, soudure vers le haut (tourne à gris). C’est la position qui te donnera les anneaux de farine bien marqués et une scarification à faire au coup de lame.

7. Apprêt — 2h

À température ambiante, sous un torchon ou un sac plastique. Le levain pousse vite ici à cause du seigle. Compte 2h, parfois moins.

Test du doigt : tu enfonces légèrement, l’empreinte revient lentement et incomplètement. Si elle revient trop vite : pas prêt. Si elle ne revient pas du tout : tu es en train de surfermenter, file au four.

⚠️ C’est l’étape où tout se joue. Surfermenté = mie collante, croûte qui ne se développe pas, pain plat. Sous-fermenté = mie serrée et goût fade. Mieux vaut un poil sous que sur.

8. Scarification et cuisson — 55 min

Four à 260°C, à fond, depuis au moins 45 minutes avec une pierre ou une plaque épaisse à l’intérieur. Lèche-frite vide en bas.

Tu renverses ton banneton sur une feuille de papier cuisson posée sur une pelle (ou une planche fine). Tu lames en cercle, 5 mm de profondeur, d’un seul geste rapide. Pas hésitant. La lame inclinée à 30°.

Tu enfournes. Tu balances un verre d’eau bouillante dans la lèche-frite. Tu fermes vite.

  • 15 min à 260°C avec la buée.
  • 40 min à 220°C, tu peux entrouvrir le four 10 secondes vers la fin pour évacuer l’humidité résiduelle et croustiller la croûte.

La boule sonne creux quand tu tapotes le dessous. Couleur acajou foncé, pas blonde.

9. Ressuage — 1h minimum

Sur grille, surélevée, à l’air. Ne coupe pas tout de suite. La mie continue à cuire de l’intérieur, l’humidité s’évacue. Couper chaud = mie gommeuse. Attendre = mie sèche et structurée.


Si ça ne marche pas

  • Pâton qui s’étale au démoulage → apprêt trop long ou façonnage pas assez serré → réduis l’apprêt de 30 min, et lors du façonnage, tends vraiment la surface en faisant tourner la boule contre le plan.
  • Croûte pâle et molle → pas assez de buée ou four pas assez chaud au démarrage → préchauffe plus longtemps (1h pleine), et utilise une cocotte en fonte si possible pour piéger la vapeur.
  • Mie serrée et compacte → levain pas assez actif ou pétrissage insuffisant → rafraîchis ton levain deux fois avant utilisation, et vérifie qu’il a bien doublé.
  • Pain qui sent le vinaigre → fermentation trop longue ou trop chaude → travaille à eau plus froide, raccourcis le pointage de 30 min, ou mets le bac dans un endroit plus frais (18-19°C).
  • Anneaux de farine invisibles → banneton mal fariné ou farine trop fine → utilise un mélange moitié farine de riz / moitié T65, c’est ce qui marque le mieux.
  • Pain qui colle au banneton → pas assez de farine OU banneton neuf pas culotté → la première fois, fleure deux fois plus que ton instinct te dit.

Variations

  • 100% T80 au lieu du mélange T65/seigle : plus doux, moins acidulé, mie plus fine. Garde la même hydratation.
  • Avec 15% de farine d’épeautre en remplacement d’une partie du T65 : parfum plus marqué, attention l’épeautre tient moins la pousse, raccourcis l’apprêt.
  • Pousse en cold retard : après le façonnage, banneton au frigo 12 à 18h. Tu cuis le lendemain directement sortie du froid. Goût plus complexe, croûte qui craque plus fort.
  • En boules individuelles de 250 g : adapte la cuisson à 220°C pendant 25 min, toujours avec buée. Pratique pour la semaine.

Si tu n’as jamais fait de pain au levain, va d’abord faire un tour sur /commencer avant de te lancer ici. Ce n’est pas une première recette.